Le 20 mars 2009
Evolution des effectifs
Depuis 2005-2006, le nombre total d’élèves inscrits au collège est en augmentation. Après une baisse à un peu plus de 400 élèves, l’effectif global de l’établissement remonte à près de 450 élèves. Cette hausse des effectifs sur le moyen terme marque peut-être un coup d’arrêt à la baisse des effectifs constatée depuis l’ouverture de l’établissement, de 1986 à 2008. La remontée des effectifs depuis 2005 s’explique vraisemblablement par le solde migratoire positif du canton. En effet, la hausse sensible des prix de l’immobilier sur la communauté urbaine de Bordeaux sur la période 2004-2008 a entraîné l’installation d‘un certain nombre de familles sur le Fronsadais. Cette spécificité locale se lit dans l’évolution de l’effectif depuis 2002 (sur un indice 100 en 2002) : si le collège a baissé plus sensiblement que la moyenne départementale et celle de notre zone d’action pédagogique (ZAP), ses effectifs remontent plus vite également. Cette remontée des effectifs reste à confirmer. M. MEFIANT, maire de Cadillac-en-Fronsadais, note de nombreuses inscriptions dans les écoles maternelles et primaires. Dans sa commune, l’école est ainsi passée de 4 à 6 classes en quelques années.
Composition socio-professionnelle de la population scolaire
Le phénomène d’exode urbain et la hausse des effectifs du collège entamée en 2005 modifient profondément la composition socio-professionnelle de sa population scolaire. On observe ainsi une baisse très sensible des PCS défavorisées à l’entrée en 6ème (- 22% en 6 ans). Parallèlement, les PCS favorisées à l’entrée en 6ème sont en forte hausse (+ 10% en 6 ans). Les PCS très favorisées sont également en hausse. Les PCS moyennes ont augmenté plus doucement, gagnant 5 % en 6 ans. Nous assistons donc de 2002 à 2008 à une recomposition de la structure socio-professionnelle de notre population scolaire : cette redistribution est confirmée lorsqu’on compare la répartition des PCS de 2004 et celle de 2008 sur l’ensemble de l’effectif du collège et non plus seulement sur les élèves de 6ème. La proportion d’élèves issus de milieux socio-professionnels dits défavorisés a considérablement diminué de 2004 à 2008. Ce mouvement de recomposition se poursuivra à moyen terme puisqu’il est plus marqué en 6ème que dans les autres niveaux. Ces chiffres ne doivent cependant pas masquer un autre phénomène en apparence contradictoire : en effet, on assiste à une augmentation du pourcentage d’élèves boursiers au collège depuis 2004. Cette augmentation indique que si le nombre d’élèves défavorisés a proportionnellement diminué, la situation sociale de ces élèves s’est sensiblement dégradée. La recomposition socio-professionnelle de notre population scolaire s’accompagne donc également d’un élargissement du spectre social de nos usagers.
Niveau des élèves à l’entrée en 6ème
En français, le score moyen obtenu par les élèves du collège aux évaluations de 6ème montre une remontée progressive des résultats, les taux s’approchant désormais des chiffres départementaux et académiques. En mathématiques, le score moyen obtenu par les élèves du collège aux évaluations de 6ème est en forte augmentation puisque les élèves ont progressé de 10 points, passant vraisemblablement au-dessus des moyennes académiques et départementales en 2008. Cette hausse des résultats s’accompagne d’une baisse de 8 points en 3 ans du pourcentage d’élèves faibles en français. En mathématiques, cette baisse est encore plus marquée puisque le collège se situe en 2008 à 4 points en dessous de la moyenne départementale et à 9 points en dessous de la moyenne de ZAP. Le collège compte donc proportionnellement depuis 2007 moins d’élèves faibles à l’entrée en 6ème que les moyennes de référence. Ce phénomène se trouve renforcé par une augmentation de 20 points de pourcentage d’élèves entrant sans retard en classe de 6ème au collège. Le pourcentage d’élèves entrant en 6ème avec un retard d’un an a quant à lui diminué de moitié en cinq ans : sur ce point, le collège connaît depuis trois ans des taux inférieurs aux moyennes de ZAP, du département et de l’académie. L’ensemble de ces paramètres - recomposition sociale profonde de la population d’élèves, amélioration des scores aux évaluations, baisse du nombre d’élèves en retard à l’entrée en 6ème – annoncent une hausse vraisemblable des taux attendus en terme de résultats au Diplôme National du Brevet et en terme de flux d’orientation.
Evolution de notre structure pédagogique
Le nombre moyen d’élèves par division évolue sans tendance, tantôt au dessus, tantôt en dessous des moyennes départementales et académiques. Après quatre années supérieures aux taux de référence, le collège rejoint les moyennes académiques et départementales pour ce qui est du nombre moyen d’heures d’enseignement par élève. Il en va de même pour le nombre moyen d’élèves vu par un enseignant pendant une heure au collège : après deux années de chiffres inférieurs aux moyennes de référence, le collège se situe en 2008 entre la moyenne de l’académie et celle du département. Le nombre moyen d’élèves en cours vu par un élève pendant une heure suit la même tendance. Il est depuis six ans inférieur ou égal aux taux de référence.
Caractéristiques de notre population éducative
Les indicateurs concernant les personnels d’éducation, les agents de service, de maintenance et de restauration ne font apparaître ni spécificité, ni tendance de l’établissement. Parmi les indicateurs concernant les personnels enseignants, l’ancienneté moyenne des enseignants révèle un renouvellement plus important jusqu’au début des années 2000 : les professeurs membres du groupe de pilotage confirment ce mouvement de rotation, notamment pour la période 1995-1998, et l’expliquent par une ambiance perfectible dans l’établissement. Depuis 2005, l’ancienneté moyenne des collègues du collège est supérieure aux moyennes départementales et académiques. Les professeurs expliquent cet attachement à l’établissement par le nombre de projets pédagogiques, leur continuité dans le temps, le nombre de collègues impliqués, la qualité et la convivialité des échanges entre collègues. Ils indiquent qu’il peut également s’agir également d’une stabilité subie, certains étant en attente d’une affectation plus proche de leur domicile ou de leur aspiration professionnelle.
Devenir des élèves du collège
En 6ème, les taux de redoublement en fin de 6ème ont considérablement diminué depuis 2004 : en 2007, le collège se situe pour la première fois en deçà des moyennes de référence. Cette diminution des redoublements entraîne mécaniquement une augmentation du taux d’accès en classe de 5ème (+15 points en 4 ans). Sur ce point, le collège se situe au dessus des moyennes de référence pour l’année 2007. L’augmentation du flux vers la 5ème s’accompagne d’un pourcentage de sortie particulièrement bas, excepté en 2004.
En 5ème, comme pour les 6ème, les taux de redoublement en fin de 5ème sont non seulement inférieurs aux moyennes académiques et de ZAP, mais encore ont sensiblement diminué de 2003 à 2007 : en 2006 et 2007, il n’y a eu aucun redoublement. Les taux de sortie en fin de 5ème restent contenus dans des proportions convenables inférieures aux chiffres académiques et de ZAP pour 2006 et 2007. Les pourcentages d’accès en classe de 4ème sont supérieurs aux moyennes de référence, hormis en 2005 où les taux de sortie importants ont fait baisser l’accès en 4ème.
En 4ème, le nombre de redoublements prononcés en fin de 4ème est en constante baisse depuis 2005 : momentanément repassés au dessus des moyennes académiques et départementales cette année-là, les chiffres du collège sont depuis deux ans inférieurs aux taux de référence. Les taux de sortie en fin de 4ème évoluent de façon erratique. Ils remontent ponctuellement en 2007 comme ceux de la ZAP, franchissant les seuils académiques et départementaux. Certains jeunes peuvent être tentés de s’inscrire en Maison Familiale et Rurale à la fin du cycle central. Malgré cette hausse des taux de sortie, les pourcentages d’accès en classe de troisième restent supérieurs aux pourcentages de ZAP et du département.
En fin de 3ème, les taux de redoublement sont inférieurs ou égaux aux chiffres de référence. Les taux de passage en seconde générale et technologique sont souvent inférieurs aux moyennes académiques (de 10 à 15 points). Ceci constitue une particularité de l’établissement par rapport aux autres collèges de la ZAP. En revanche, le taux d’accès en enseignement professionnel est supérieur de 20 points aux moyennes départementales et académiques. Le nombre de sorties est globalement en baisse et reste contenu depuis deux ans dans des proportions inférieures aux chiffres de référence.
Résultats aux examens
Les résultats des élèves du collège au diplôme national du brevet sont en augmentation depuis 2003 : lors de la session 2006, l’établissement obtenait des chiffres supérieurs aux taux de réussite de la ZAP, du département et de l’académie. Ces chiffres sont à relier aux PCS des élèves entrés en 6ème en 2003, défavorisées à 50%, qui passaient le DNB en juin 2007 (session 2006). Sur cette cohorte, nous pouvons constater une réelle valeur ajoutée de l’établissement. Il est à noter que les chiffres commencent à remonter au moment où la semaine de révision a été créée, donnant de l’importance et de la valeur à l’examen. Cette formule pourrait cependant évoluer ou être complétée par une journée de révision méthodologique par mois. Ces chiffres s’accompagnent d’une augmentation des mentions. La hausse des taux de réussite brut au DNB s’accompagne d’une augmentation sensible des taux attendus : s’ils restent inférieurs à ceux de référence, ils atteignent cependant les 80% en 2006. L’augmentation des PCS favorisées et très favorisées, ainsi que la baisse des PCS défavorisées nous laisse penser que ces taux attendus vont encore augmenter dans les prochaines années de façon particulièrement marquée. A l’exception de 2003 qui semble être une cohorte particulière, l’établissement obtient des résultats proches des taux attendus. En 2006, les taux réels sont nettement supérieurs aux taux attendus, ce qui confirme l’hypothèse d’une forte valeur ajoutée cette année-là.
Orientation des élèves de troisième
De 2002 à 2006, le taux de satisfaction des familles concernant l’orientation en 2nde GT a fait un bond de 10 points. Les chiffres du collège ont rejoint ceux de la ZAP, du département et de l’académie en 2006. Les chiffres concernant le ratio entre les demandes des familles et les décisions finales pour une orientation en enseignement professionnel, toujours supérieurs aux moyennes de référence, en augmenté sensiblement en 2006. Une seule année ne suffit pas cependant à établir une tendance. Les chiffres concernant le rapport entre les demandes et les décisions de redoublement, en revanche, marquent bien une tendance à la baisse : le redoublement est de moins en moins proposé aux élèves qui ne le souhaitent pas. La part des élèves affectés sur leur premier vœu en 2nde GT évolue tantôt en dessus, tantôt en dessous des taux de référence. Les chiffres concernant la proportion d’élèves affectés sur leur premier vœu en enseignement professionnel sont en hausse, notamment entre 2005 et 2007 : sans doute un certain nombre d’élèves demandant une voie professionnelle pourraient-ils envisager également une seconde GT. Les élèves du collège semblent plus déterminés que la moyenne à s’inscrire dans l’établissement où ils sont affectés en 2nde GT : alors que les taux de référence sont en baisse, ceux de l’établissement augmentent depuis 2004. Même remarque pour les élèves se destinant à l’enseignement professionnel. Ces chiffres dénotent que le travail d’éducation à l’orientation effectué toute l’année par les professeurs principaux et la conseillère d’orientation psychologue permet aux élèves d’avoir un projet abouti à la fin de la troisième.
Devenir des élèves en fin de seconde générale et technologique
Les flux de nos anciens élèves en fin de seconde GT montrent de grandes disparités : les passages en 1ère S sont généralement inférieurs, voire très inférieurs aux chiffres de référence. Ils semblent cependant vouloir se « normaliser » en 2007. Les taux de passage en 1ère L sont globalement en baisse, à l’exception de l’année 2006. Cette baisse est plus sensible que la baisse constatée aux plans départemental et académique. Le flux vers la 1ère ES est inférieur aux moyennes de référence. Il a tendance cependant à augmenter de 2002 à 2007. Peu d’anciens élèves du collège choisissent la 1ère SMS ou STG à l’issue de la 2nde GT. Ils sont plus nombreux à s’inscrire en 1ère STL ou 1ère STI : certains d’entre eux choisissent peut-être ces séries à défaut de la 1ère S. Mais ils sont très nombreux à se réorienter à l’issue de la seconde GT : en 2006, ils étaient ainsi trois fois plus nombreux à demander un CAP ou un BEP que leurs camarades girondins ou aquitains. Selon les années, on peut estimer qu’entre 8 et 12% des élèves que nous envoyons en 2nde GT ne sont pas prêts ou n’ont pas conscience des enjeux. Cela nous invite à retravailler la liaison 3ème-2nde. Les anciens élèves qui échouent en fin de 2nde GT préfèrent se réorienter plutôt que de redoubler : les chiffres concernant les redoublements sont en effet en forte baisse et sont en 2007 conformes aux taux de référence.
Points forts de l’établissement
— Hausse des effectifs à relier à une possible amélioration de l’image de l’établissement
— Accroissement de l’hétérogénéité socioprofessionnelle des familles et amélioration globale de la situation sociale des élèves
— Amélioration sensible du niveau scolaire à l’entrée en 6ème et baisse du nombre d’élèves en retard au cycle d’adaptation
— Ancienneté des enseignants dans leur poste, synonyme d’une plus grande expérience professionnelle
— Taux d’accès particulièrement élevés de la 6ème à la 3ème dus à une politique très ciblée en matière de redoublements
— Augmentation des résultats au DNB
— Nombreux projets pédagogiques et éducatifs dans l’établissement (coordination nécessaire de tous ces projets et liste à établir pour l’information de tous)
— Des élèves non violents qui adhèrent volontiers aux activités proposées par les enseignants et les éducateurs : un terrain propice en terme pédagogique et éducatif
— Un établissement propre, bien entretenu et bien équipé offrant aux élèves de bonnes conditions pour leurs apprentissages. Les élèves sont sensibles à ces conditions de travail
— Un collège qui s’est construit une infrastructure numérique de qualité, porté par une équipe qui a acquis la culture TICE et internet
Points faibles de l’établissement
— Niveau moyen en français à l’entrée en 6ème : le travail sur la maîtrise de la langue reste d’actualité
— Augmentation des taux attendus induits par l’augmentation spectaculaire des PCS très favorisées et favorisées depuis 2004 : le collège devra accompagner les élèves pour pouvoir suivre cette augmentation des taux attendus
— Taux de sortie en fin de 4ème : des élèves sont en situation de décrochage scolaire avant le cycle d’orientation. Il faudra traiter ce phénomène pour éviter des sorties prématurées d’élèves sans qualification
— Taux d’accès de 3ème en 2GT très bas
— Taux d’accès de 3ème en 2nde pro très haut : ces deux points s’expliquent sans doute par un manque d’ambition et un manque de travail personnel
— Devenir des élèves en fin de 2nde GT : de nombreux anciens élèves se trouvent en échec à la fin de la seconde générale et technologique et se réorientent, renonçant même à redoubler
— Ces quatre derniers points s’expliquent sans doute dans le déficit de travail personnel chez les élèves de l’établissement. Les professeurs notent notamment une baisse de la motivation entre la 4ème et la 3ème, et une déperdition des connaissances entre ces deux niveaux.
— Absence d’une assistante sociale affectée dans l’établissement
— Isolement géographique de l’établissement qui rend plus difficile l’accès à l’offre culturelle : une sortie culturelle représente un coût important et une déperdition de temps non négligeable
— Manque de préparation psychologique de nos élèves à la seconde GT : nos élèves ne sont pas suffisamment autonomes pour pouvoir s’adapter aux rythmes et aux méthodes de travail nouvelles du lycée. L’intervention d’anciens élèves pourrait sur ce point être de nouveau envisagée
Problématique de l’établissement
Pour résumer la problématique du collège en 2009, on pourrait dire que la situation des élèves s’est considérablement améliorée à leur entrée dans l’établissement, mais qu’elle reste insatisfaisante à leur sortie de l’établissement.
Ce constat nous amène à poser les questions suivantes :
1. Comment gérer l’accroissement de l’hétérogénéité sociale et scolaire des élèves, notamment au cycle d’adaptation ?
2. Comment prévenir le décrochage scolaire, notamment au cycle central ?
3. Comment améliorer la motivation des élèves de tous les niveaux, la qualité et la quantité du travail personnel ?
4. Comment développer l’ambition du projet individuel et mieux préparer les élèves aux rythmes et aux méthodes de travail de la seconde générale et technologique, notamment au cycle d’orientation ?